Inventaire des grands et moyens mammifères dans le TRIDOM au Cameroun : Adrich MOUAMANA revient sur la phase de formation

Adrich, Assistant technique de recherche forestière au Parc National de Conkouati-Douli, a récemment contribué à la formation des équipes mobilisées dans le cadre d’une campagne d’inventaire des grands et moyens mammifères dans le paysage TRIDOM au Cameroun. Cette campagne vise à améliorer les connaissances sur l’abondance et la distribution de la faune, ainsi que sur les principales pressions qui affectent les espèces et leurs habitats. En amont du déploiement sur le terrain : une formation théorique et pratique a permis aux participants de renforcer leurs compétences en matière de collecte de données, d’identification des indices fauniques et d’utilisation des outils de suivi scientifique. À travers cet entretien, Adrich revient sur les objectifs de cette campagne, le déroulement de la formation, l’appui apporté par les équipes du Parc National de Conkouati-Douli et l’importance de disposer de données fiables pour orienter les décisions de conservation.

Maryleine Louemba, assistante marketing & communication, Adrich Mouamana, Assistant Technique de Recherche Forestière

English version below

Pouvez-vous nous présenter brièvement cette campagne d’inventaire des grands et moyens mammifères organisée dans le TRIDOM Cameroun et expliquer son objectif principal ?

Le paysage TRIDOM (Dja–Odzala–Minkébé) constitue un vaste massif forestier transfrontalier d’une importance écologique exceptionnelle. Il s’étend sur près de 191 000 km² et abrite des espèces emblématiques telles que l’éléphant de forêt, le gorille et le chimpanzé.

La zone ciblée par cet inventaire se situe dans l’espace d’intérêt cynégétique, au sud de la réserve de faune du Dja et à l’ouest de la réserve de Ngoyla. Elle constitue également un corridor écologiqueimportant reliant plusieurs parcs nationaux.

Cette campagne vise à combler les lacunes en matière de données fiables et actualisées sur la faune et les pressions anthropiques. L’objectif est notamment de collecter des données robustes sur l’abondance et la distribution des grands et moyens mammifères, ainsi que sur les principales menaces qui pèsent sur ces espèces. Ces informations permettront aux gestionnaires de mieux orienter leurs stratégies de conservation.

Pourquoi est-il important de disposer de données actualisées sur les populations de grands et moyens mammifères pour la conservation ?

Disposer de données actualisées est essentiel pour mieux comprendre l’évolution des populations de grands et moyens mammifères. Ces informations permettent notamment de détecter les changements dans leur répartition, d’identifier les espèces les plus menacées et de mesurer les risques d’extinction. Elles permettent également d’évaluer l’efficacité des mesures de conservation déjà mises en œuvre et d’orienter les décisions de gestion sur la base d’informations fiables.

Le suivi régulier des populations constitue ainsi un outil indispensable pour adapter les stratégies de conservation aux réalités observées sur le terrain. Une phase de formation théorique et pratique a précédé le déploiement de la campagne.

Comment s’est déroulée cette formation et quels étaient ses principaux objectifs ?

La formation des équipes de terrain s’est déroulée en deux phases : Théorique et Pratique.

  • La phase théorique avait pour objectif de renforcer les connaissances des participants sur les principes et les méthodes de collecte des données, notamment le long des transects et des recces (parcours de reconnaissance permettant de rechercher et d’identifier les indices de présence de la faune). Elle portait également sur l’utilisation du matériel de collecte, comme le GPS, le topofil, le télémètre laser et SMART Mobile, ainsi que sur les techniques d’identification des indices de présence de la faune, notamment les crottes d’éléphants et d’ongulés ou encore les nids de grands singes

  • La phase pratique a ensuite permis d’évaluer la maîtrise de ces techniques sur le terrain, à travers le relevé des indices fauniques, l’utilisation des fiches de saisie et l’enregistrement des données sur SMART Mobile.

Le Parc National de Conkouati-Douli a apporté un appui à cette formation. Quelle a été concrètement la contribution des équipes de Conkouati-Douli ?

L’équipe du Parc National de Conkouati-Douli a apporté un appui à la fois théorique et pratique aux équipes de terrain. Cette contribution a principalement porté sur la formation aux méthodes de collecte des données utilisées dans le cadre des inventaires fauniques.

L’objectif était de transmettre aux participants les connaissances et les outils nécessaires pour réaliser une collecte de données de qualité, en respectant les méthodes et les procédures établies.

Quels étaient les principaux enseignements ou compétences transmis aux participants durant cette formation ?

Plusieurs compétences essentielles ont été transmises au cours de cette formation. Les participants ont notamment été formés aux techniques d’identification des indices fauniques, aux règles et méthodes de collecte des données le long des transects et des recces, ainsi qu’à l’utilisation des différents outils de collecte.

Ces apprentissages doivent leur permettre d’aborder le travail de terrain avec davantage de rigueur et de disposer des bases nécessaires à la production de données fiables et exploitables.

Quelles méthodes et techniques d'inventaire ont été présentées ou mises en pratique pendant la formation ?

La principale méthode d’inventaire présentée et mise en pratique lors de cette formation est celle des transects linéaires. Cette méthode permet de recueillir de manière structurée des informationssur les indices de présence et la distribution de la faune au cours des déplacements sur le terrain.

La formation a ainsi permis aux participants de mieux comprendre les principes de cette méthode et les exigences nécessaires à une collecte de données rigoureuse.

Quels sont les principaux défis à anticiper lors de la collecte des données sur le terrain, notamment dans les zones forestières du TRIDOM ?

La collecte des données sur le terrain peut être confrontée à plusieurs difficultés. Parmi les principaux défis figurent la détection et l’identification des indices fauniques, qui nécessitent une bonne maîtrise des techniques et une attention constante.

La rigueur dans la collecte et l’enregistrement des données constitue également un enjeu important, notamment face à la fatigue et aux conditions de travail parfois exigeantes. Les difficultés d’accès et les contraintes propres au milieu forestier peuvent également compliquer les opérations de terrain. La préparation des équipes et leur bonne maîtrise des méthodes sont donc essentielles pour maintenir la qualité des données recueillies.

En quoi les compétences acquises lors de cette formation vont-elles contribuer à améliorer la qualité et la fiabilité des données collectées ?

Les compétences acquises permettront aux équipes de mieux maîtriser les méthodes et les outils de collecte qu’elles utiliseront sur le terrain. Elles contribueront également à renforcer leur capacité à identifier correctement les indices fauniques, à les enregistrer de manière rigoureuse et à vérifier les informations collectées.

Cette meilleure maîtrise des procédures doit ainsi favoriser une collecte plus homogène et plus fiable, indispensable pour disposer de données scientifiques utiles à la conservation.

Selon vous, qu’est-ce qui rend cette collaboration entre les équipes de Conkouati-Douli et celles du TRIDOM Cameroun particulièrement importante ?

Cette collaboration est particulièrement importante parce qu’elle permet de mutualiser les compétences, les expériences et les ressources des différentes équipes. Elle favorise également le partage des connaissances et des pratiques de terrain.

Au-delà de l’appui technique, cette coopération contribue à uniformiser les méthodes de travail et à assurer une meilleure cohérence dans la collecte et l’analyse des données entre les deux entités. Elle constitue ainsi une opportunité de renforcer les capacités et de favoriser une approche plus concertée de la conservation.

À terme, comment les résultats de cet inventaire pourront-ils contribuer aux décisions de conservation et à la protection des grands et moyens mammifères ?

À terme, les résultats de cet inventaire permettront d’identifier les zones prioritaires à protéger et de mieux orienter les efforts de conservation. Ils contribueront également à adapter les mesures de gestion des habitats en fonction des informations recueillies sur l’abondance, la distribution et l’état des grands et moyens mammifères.

Le suivi de l’évolution des populations permettra par ailleurs de détecter les éventuelles menaces et d’en mesurer les effets dans le temps. Ces résultats fourniront ainsi aux gestionnaires des informations scientifiques solides pour prendre des décisions de conservation plus adaptées.

Quel bilan pouvez-vous déjà tirer de cette phase de préparation de formation avant le déploiement des équipes sur le terrain ?

Le bilan de cette phase de préparation est, dans son ensemble, positif. La formation a permis aux participants de mieux comprendre les objectifs de la mission, les méthodes et les procédures à suivre, ainsi que les rôles et les responsabilités de chacun.

Cette préparation constitue une étape importante avant le déploiement sur le terrain, puisqu’elle permet aux équipes de partir avec une meilleure compréhension du travail attendu et des outils nécessaires à la collecte des données.

Quel message souhaitez-vous adresser aux équipes qui vont participer à cette campagne et aux partenaires qui contribuent à sa réalisation ?

J’encourage vivement les équipes qui participeront à cette campagne d’inventaire à faire preuve de rigueur, de persévérance et d’engagement tout au long du travail de terrain. La qualité des données collectées dépendra, en grande partie, de leur implication et du respect des méthodes apprises lors de la formation.

Leur travail contribuera directement à améliorer les connaissances sur la faune du TRIDOM et, à terme, à éclairer les décisions en faveur d’une meilleure gestion et d’une conservation plus efficace de cet espace forestier.

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Adrich MOUAMANA, Forest Research Technical Assistant at Conkouati-Douli National Park, recently took part in the training of teams involved in a large and medium-sized mammal survey conducted in the TRIDOM landscape, Cameroon

Adrich, Forest Research Technical Assistant at Conkouati-Douli National Park, recently contributed to the training of teams involved in a large and medium-sized mammal survey in the TRIDOM landscape, Cameroon.

The survey aims to strengthen knowledge of wildlife abundance and distribution, as well as the main pressures affecting species and their habitats. Prior to the field deployment, a theoretical and practical training programme enabled participants to strengthen their skills in data collection, wildlife-sign identification and the use of scientific monitoring tools.

Through this interview, Adrich shares his insights into the objectives of the survey, the training process, the support provided by the Conkouati-Douli National Park teams, and the importance of reliable data in guiding conservation decisions.

Maryleine Louemba, Communications and Marketing Assistant & Adrich MOUAMANA, Forest Research Technical Assistant
September 2026

Could you briefly introduce this large and medium-sized mammal survey conducted in the TRIDOM landscape in Cameroon and explain its main objective?

The TRIDOM landscape (Dja–Odzala–Minkébé) is a vast transboundary forest complex of exceptional ecological importance. Covering nearly 191,000 km², it provides a refuge for emblematic species such as forest elephants, gorillas and chimpanzees.

The area targeted by this survey is located within the hunting-interest zone, south of the Dja Faunal Reserve and west of the Ngoyla Reserve. It also forms an important ecological corridor connecting several national parks.

This survey aims to address gaps in reliable and up-to-date information on wildlife and anthropogenic pressures. Its main objective is to collect robust data on the abundance and distribution of large and medium-sized mammals, as well as on the main threats affecting these species. This information will help managers better guide their conservation strategies.

Why is it important to have up-to-date data on large and medium-sized mammal populations for conservation?

Access to up-to-date data is essential for gaining a better understanding of changes in large and medium-sized mammal populations. Such information helps detect changes in their distribution, identify the most threatened species, and assess extinction risks.

It also makes it possible to evaluate the effectiveness of existing conservation measures and to guide management decisions based on reliable information. Regular population monitoring is therefore an essential tool for adapting conservation strategies to the realities observed in the field.

A theoretical and practical training phase preceded the deployment of the survey teams. How was this training organised and what were its main objectives?

The training of the field teams was organised in two complementary phases: a theoretical phase and a practical phase.

  •  The theoretical phase aimed to strengthen participants’ knowledge of the principles and methods used to collect data, particularly along transects and recce walks. It also covered the use of field equipment such as GPS units, topofil devices, laser rangefinders and SMART Mobile, as well as techniques for identifying wildlife signs, including elephant and ungulate dung and great ape nests.

  • The practical phase then allowed participants to assess and apply these techniques in the field through wildlife-sign surveys, the use of data sheets and data entry on SMART Mobile.

Conkouati-Douli National Park supported this training. What was the concrete contribution of the Conkouati-Douli teams ?

The Conkouati-Douli National Park team provided both theoretical and practical support to the field teams. This contribution mainly focused on training participants in the data-collection methods used for wildlife surveys.

The objective was to provide participants with the knowledge and tools required to collect high-quality data while following the established methods and procedures.

What were the main lessons and skills transmitted to participants during this training?

Several essential skills were covered during the training. Participants were introduced to wildlife-sign identification techniques, the rules and methods for collecting data along transects and recce walks, as well as the use of the different data-collection tools.

These lessons are intended to help them approach fieldwork with greater rigour and provide them with the foundations needed to produce reliable and usable data.

What survey methods and techniques were presented or put into practice during the training?

The main survey method presented and practised during the training was the line-transect method. This approach makes it possible to collect structured information on wildlife signs and distribution during field movements.

The training therefore enabled participants to better understand the principles of this method and the requirements for rigorous data collection.

What are the main challenges to anticipate when collecting field data, particularly in the forest areas of TRIDOM?

Field data collection can involve a number of challenges. Among the main difficulties are detecting and identifying wildlife signs, which requires strong technical skills and constant attention.

Maintaining rigour in data collection and recording is also important, particularly when teams are dealing with fatigue and demanding working conditions. Difficult access and the constraints of the forest environment can further complicate field operations. Proper preparation and a strong command of the methods are therefore essential to maintain data quality.

How will the skills acquired during this training contribute to improving the quality and reliability of the data collected?

The skills acquired will enable teams to better master the methods and tools they will use in the field. They will also strengthen their ability to correctly identify wildlife signs, record them rigorously and verify the information collected.

This stronger command of the procedures should lead to more consistent and reliable data collection, which is essential for producing scientific information that can support conservation.

In your view, what makes this collaboration between the Conkouati-Douli and TRIDOM Cameroon teams particularly important?

This collaboration is particularly important because it allows the different teams to pool their skills, experience and resources. It also encourages the sharing of knowledge and field practices.

Beyond technical support, this cooperation helps harmonise working methods and ensure greater consistency in data collection and analysis between the two entities. It is therefore an opportunity to strengthen capacities and promote a more coordinated approach to conservation.

In the long term, how could the results of this survey contribute to conservation decisions and the protection of large and medium-sized mammals?

In the long term, the results of this survey will help identify priority areas for protection and better guide conservation efforts. They will also contribute to adapting habitat-management measures based on information about the abundance, distribution and status of large and medium-sized mammals.

Monitoring population trends over time will also make it possible to detect potential threats and assess their effects. These results will therefore provide managers with sound scientific information to support better-adapted conservation decisions.

What assessment can you already make of this training preparation phase before the teams are deployed in the field?

Overall, the assessment of this preparation phase is positive. The training enabled participants to better understand the objectives of the mission, the methods and procedures to follow, as well as everyone’s roles and responsibilities.

This preparation is an important step before deployment because it ensures that teams begin their fieldwork with a clearer understanding of what is expected of them and of the tools required for data collection.

What message would you like to share with the teams taking part in this campaign and with the partners contributing to its implementation?

I strongly encourage the teams taking part in this survey to demonstrate rigour, perseverance and commitment throughout the fieldwork. The quality of the data collected will depend largely on their involvement and on their ability to apply the methods covered during the training.

Their work will directly contribute to improving our knowledge of the TRIDOM’s wildlife and, ultimately, to informing decisions in support of better management and more effective conservation of this forest landscape.

info.pncd@noe.org

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Centre Ville, Pointe Noire

Thomas Nicolon